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Réponses à la presse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, suite aux publications des commentaires de Josep Borrell, Haut représentant de l'Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité

Question: Nous aimerions vous demander de commenter la publication du Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell à la suite de sa visite à Moscou.

Sergueï Lavrov: J'ai attiré l'attention sur le fait qu'à la suite de la visite à Moscou du 4 au 6 février, le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a publié une serie de commentaires sur son blog. Selon l'une d'eux, «la Russie s'éloigne rapidement de l'Europe».

Au cours des négociations avec M.J.Borrell à Moscou, j'ai parlé justement de l'importance de construire les relations Russie-UE sur une base systémique. J'ai rappelé qu'en 2014 c’était l'UE qui a fait tomber l'architecture de liens multiformes avec notre pays qui avait été minutieusement créés au fil des ans. La cause première était, je le rappelle, le soutien de l'Union Européenne à un coup d'état anticonstitutionnel en Ukraine qui a été accompagné par une rhétorique anti-russe bien marquée. En conséquence, les sommets Russie-UE, qui se tenaient deux fois par an, ainsi que les réunions du Gouvernement de la Fédération de Russie avec la Commission Européenne ont été suspendues. Les formats du Conseil de Partenariat permanent Russie-UE et de deux douzaines de dialogues sectoriels ont été gelés. Auparavant – bien avant le coup d'Etat en Ukraine – à l'insistance de certains pays membres de l'UE, les travaux sur un projet d'accord, presque prêt, sur les voyages sans visa à court terme pour les citoyens de la Russie et de l'UE ont été interrompus. La raison – on ne peut pas, disent-ils, ouvrir le régime sans visa pour la Russie, jusqu'à ce que l'UE l’accorde à la Géorgie, à la Moldavie et à l'Ukraine. C'est-à-dire, il s’agit d’une politisation directe et d’un sous-texte ouvertement anti-russe.

Depuis 2004, l’année de l’adhesion des pays baltes à l'UE, on observe une discrimination ouverte et constante contre la population russophone qui y vit. Nous témoignons une attaque croissante contre les activités des médias russes. En Lettonie ainsi qu’en Estonie, le système honteuse de «l'apatridie» persiste encore aujourd'hui. Ce qui se passe est en contradiction directe avec les dispositions de la Déclaration commune sur l'élargissement de l'UE et les relations Russie-UE du 27 avril 2004. Tout d'abord, c’est l'engagement de l'UE de protéger des minorités nationales. Il y a une question raisonnable à poser – qui s'éloigne de qui? Peut-être, c’est l'Union Européenne elle-même distance-t-elle de la Russie, de la langue et de la culture russes? En ce qui concerne la Partie russe, lors des négociations à Moscou nous avons réaffirmé notre intention de normaliser les relations avec l'Union Européenne sur la base de respect mutuel et de prise en compte des intérêts de chacun. Suivant une telle approche nous sommes prêts à coopérer dans des domaines où nos intérêts coïncident. A propos, lors des négociations à Moscou, on a convenu tels domaines d'approfondissement de coopération que la santé publique, la science, la technologie, le changement climatique. Si on ajoutez le domain de l'énergie, on obtiendra une agenda mutuellement bénéfique, si on ne le sacrifiera pas aux jeux géopolitiques.